Conférence de presse au port de Bastia : une directive vertueuse dans ses intentions, mais inadaptée à la réalité insulaire
Le 4 février 2026, FFBTP 2B Haute-Corse était présente au port de Bastia aux côtés du Le Collectif des ordres, organisations consulaires et professionnelles de Corse, rejoints par les représentants de la distribution insulaire et les syndicats de marins du service public. Si les objectifs environnementaux portés par la directive européenne élargissant le système d’échange de quotas d’émission (ETS) sont louables, son application sans discernement à la Corse est porteuse de lourdes conséquences économiques et sociales.
📉 Ce que cela implique pour notre île :
➡️ +15 % sur le coût du transport de fret maritime ;
➡️ Une nouvelle hausse des prix pour les consommateurs déjà confrontés à un différentiel important avec le continent ;
➡️ Une augmentation du prix des billets maritimes et aériens pour les résidents ;
➡️ Des surcoûts supplémentaires pour les entreprises, artisans et commerçants (déjà entre +7 et +12 %) ;
➡️ Une pression accrue sur la fréquentation touristique ;
➡️ Des recettes ETS collectées sur les liaisons Continent–Corse non réinvesties dans la transition énergétique de l’île.
Alors que d’autres territoires insulaires européens, les DOM ou les régions ultrapériphériques bénéficient logiquement d’exonérations ou de dispositifs adaptés, la Corse reste ignorée et traitée comme une région continentale, malgré sa dépendance structurelle au maritime et à l’aérien.
Nos demandes sont claires :
📌 La tenue urgente de deux tables rondes décisionnelles, réunissant Gouvernement, Cullettività di Corsica – Collectivité de Corse, armateurs du service public maritime, Collectif et partenaires sociaux.
1️⃣ Révision de la directive ETS en 2026, afin de corriger l’oubli manifeste de la situation corse.
2️⃣ Mise en place d’un plan d’accompagnement transitoire, indispensable pour éviter des impacts déjà visibles depuis l’entrée en vigueur des ETS à 100 % en janvier 2026 — impacts qui seraient encore plus sévères dans les mois à venir.
Ce plan devra aussi intégrer la situation particulièrement critique du port de commerce de Porto-Vecchio, aujourd’hui le plus pénalisé.
Parce que la transition écologique doit être juste, équitable et tenable pour tous, y compris pour les territoires insulaires. Notre mobilisation collective se poursuit.